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mardi 16 novembre 2010

Pétition réclamant la démission de Jean Charest


Personnellement, je ne la signerai pas, car je n'aime pas l'amalgame des raisons évoquées pour demander sa démission, mais je mets tout de même en ligne l'adresse de la pétition parrainée (pour utiliser des termes de circonstance!) par Amir Khadir. Libre à vous de la signer ou non. Il est à noter qu'à 1h56 dans la nuit du lundi au mardi, un total de 45 998 personnes avaient signé le formulaire sur le site de l'Assemblée nationale, en route pour fracasser le record de tous les temps!

Pendant ce temps, Jean Charest met en demeure Gérard Deltell, chef de l'ADQ, pour avoir fait un succulent jeu de mot sur la "famille" libérale. Oui, vous avez bien entendu, ce même Jean Charest qui a traité Stéphane Bédard de "tête de slinky", Mario Dumont de "girouette" et Elsie Lefebvre de "criss de chienne" à l'Assemblée nationale.

Cliquer ici.

lundi 27 septembre 2010

Le mépris des institutions


Même si l’annonce de la démission du Directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet, est parvenue avec une certaine surprise, on comprend en la plaçant dans son contexte qu’elle n’est pas anodine. En fait, Stéphane Bédard, leader parlementaire de l’opposition officielle, m’a fait réaliser lors d’un point de presse que de nombreuses institutions ont été mises à mal par les libéraux récemment, en particulier par Jean Charest.

Tout d'abord, le DGE s’est fait traiter de façon honteuse par deux ministres libéraux, Nathalie Normandeau et Laurent Lessard. On l'a même invité à ne pas respecter la loi, qui est pourtant votée par le gouvernement ! À l'Assemblée nationale, Jean Charest a trouvé sa démission drôle et a cité sa lettre de démission comme preuve qu'il partait de plein gré.

En faisant le tour des événements, on se rend compte que ce n'est pas un cas isolé. Jean Charest est habitué de ne pas respecter les institutions. Je vous propose donc un bref aperçu de sa carrière politique.

La première institution que Jean Charest ne respecte pas en tant que politicien est un juge. Il doit en effet démissionner de son poste de ministre au fédéral pour être intervenu dans un procès auprès d’un juge. Brian Mulroney doit le contraindre à quitter son poste lorsqu'il reçoit l'appel du juge qui s'en plaint.

Plus tard, une fois premier ministre du Québec, il aurait menti à l’Assemblée nationale en affirmant qu'il n'y a pas eu de tentative d'influencer le Procureur général dans le procès des Hell’s Angels. Les propos de Marc Bellemare à la Commission Bastarache tendent à le montrer, même si la lumière n'a pas été faite sur ses allégations.

Quelques années plus tard, après avoir tenté d’imposer Yvon Vallières comme président de l’Assemblée nationale sans même consulter les deux partis de l’opposition, il qualifie de « trahison » le choix de François Gendron comme président. Quelques jours plus tard, il vole deux députés adéquistes et il déclenche quelques mois plus tard des élections en pleine crise économique pour avoir « les deux mains sur le volant ».

Après les élections, les reportages de journalistes comme Alain Gravel pointent des cas d'allégation de collusion et de corruption dans le secteur de la construction, en lien avec l’octroi de contrats gouvernementaux et le financement du PLQ. Trois ministres libéraux affirment que des entreprises font des dons au Parti libéral, ce qui est illégal. Le DGE enquête, mais il n'a pas beaucoup de moyens ni de preuves.

Les démissions de David Whissel et de Tony Tomassi ont lieu dans la foulée de ces allégations. Il est devenu intenable de les faire siéger au Conseil des ministres. Les institutions de députés et de ministres sont donc mises à mal en raison des doutes qui planent sur leur jugement et leur honnêteté. Malgré un large consensus au Québec, Le premier ministre refuse catégoriquement de mettre sur pied une commission d’enquête sur la construction, et tente de noyer le poisson en créant l’escouade Marteau, qui effectue quelques petites perquisitions.

Plus tard, devant les allégations de Marc Bellemare concernant le processus de nomination des juges, Jean Charest crée la Commission Bastarache. Directement impliqué par les allégations, Jean Charest écrit lui-même son mandat et choisit le commissaire, qui fait partie d'un cabinet d'avocats reconnu pour sa proximité avec les libéraux. Le procureur principal Pierre Cimon doit démissionner quelques semaines avant le début de ses travaux en raison de contributions faites au Parti libéral du Québec.

Par la suite, Jean Charest ne respecte tellement pas sa commission bidon qu'il se permet de faire un point de presse pour nier les allégations de Marc Bellemare lors de la première journée des audiences. Pourtant, le commissaire avait formellement interdit ce genre de commentaires.

De plus, au cours de cette commission, on apprend que Jean Charest est le seul premier ministre depuis Robert Bourassa à demander de voir la courte liste de candidats à la magistrature, ce qui est contraire à l'esprit de la loi mais surtout qui facilite grandement les nominations liées aux allégeances politiques. L'institution du premier ministre est aussi mise à mal par les nombreux sondages qui montrent que la population ne le croit pas.

J'en oublie probablement, mais ce sont les principales institutions qui n'ont pas été respectées par Jean Charest. Quelle sera la prochaine? La Protectrice du citoyen? Le lieutenant-gouverneur du Québec? Les paris sont ouverts!

jeudi 16 septembre 2010

Les mains dans la carte électorale


Aujourd'hui, je vais vous parler d'un sujet qui n'intéresse pas tellement les urbains de Québec et de Montréal, mais qui met le feu aux poudres dans les régions. Ces jours-ci, la Commission de la représentation électorale, présidée par Marcel Blanchet, Directeur général des élections, comparaît devant un comité de l'Assemblée nationale. Elle discute de la refonte de la carte électorale, en vertu d'une loi qui la prévoit et la rend obligatoire. En effet, à toutes les deux élections générales, les 125 circonscriptions doivent être modifiées en fonction de l'évolution démographique. Le problème, et c'est un constat d'échec de l'occupation du territoire, c'est que les régions se vident au profit des grands centres. Chaque circonscription doit avoir en moyenne un certain nombre d'électeurs, donc il faut les adapter ou en faire disparaître.

Afin de respecter ce principe, Marcel Blanchet propose de faire disparaître trois circonscriptions, dans Chaudière-Appalaches, le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, et d'en ajouter trois dans le 450. Je vous épargne les détails, mais en résumé, les régions perdent trois représentants au profit de la banlieue de Montréal.

Même si je ne suis vraiment pas d'accord avec leur rhétorique, je comprends tout de même les élus des régions concernées de monter aux barricades, car il est vrai qu'ils n'ont pas beaucoup de pouvoir politique. C'est juste que je trouve indéfendable de s'opposer à ces changements, car ils sont prévus par la loi, qui tient compte du nombre d'électeurs et du principe des communautés naturelles (les électeurs de la même circonscription doivent avoir des points communs). Selon moi, la démocratie est simple : 1 électeur = 1 vote, peu importe l'endroit.

Ainsi, à toutes les deux élections, le DGE fait des consultations et des propositions afin de faire adopter les changements de circonscriptions. La prise de décision est relativement neutre, mais Marcel Blanchet est quand même ouvert aux propositions sensées. Par exemple, le fait d'inclure ou d'exclure un petit village d'une circonscription en tenant compte des caractéristiques des habitants.

Tout irait bien si les députés, qui sont évidemment juge et partie dans cette histoire, ne se mêlaient pas de ce qui ne les regarde pas. Car si la décision difficile incombe maintenant au Directeur général des élections, qui est indépendant du pouvoir politique, c'est justement pour éviter les conflits d'intérêts.

Qu'un député s'exprime au nom de ses électeurs, c'est une chose. Mais l'attitude de certains députés et ministres libéraux m'hérisse. En particulier, celle de Nathalie Normandeau, ministre responsable de la Gaspésie, est odieuse. Aujourd'hui, elle a qualifié le Directeur général des élections en des termes peu élogieux : " la carte électorale proposée par Monsieur Blanchet et son équipe est un constat d’échec, un cuisant échec pour notre société et pour l’institution qu’est le Directeur général des élections. " Elle a fait une crise d'hystérie devant Marcel Blanchet lors des audiences, comme si elle était son patron, ce qui n'est pas le cas.

Pour en ajouter, elle fait de la petite politique en accusant les partis de l'opposition (le PQ et l'ADQ, qui sont relativement neutres dans cette histoire, même si certains députés s'opposent farouchement à cette perte de poids pour les régions) de ne pas appuyer le Projet de loi 92, préparé par feu Claude Béchard, visant à imposer un nombre fixe de circonscriptions par région administrative. Il faut dire qu'à l'époque, Claude Béchard avait peur de se retrouver dans le même comté que Mario Dumont, chef de l'ADQ.

Cette attitude est un affront à la démocratie et témoigne d'un mépris envers les institutions démocratiques héritées de René Lévesque. En défendant bec et ongles un principe indéfendable, il est clair que Nathalie Normandeau prépare sa course à la chefferie, qui se tiendra lorsque Jean Charest n'aura plus les deux mains sur le volant...