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samedi 21 mai 2011

L'avenir du Bloc québécois


À la suite de sa maigre récolte de quatre sièges, le Bloc québécois doit faire un sérieux examen de conscience et songer à son avenir. Heureusement, rien ne presse, il dispose d'un mandat majoritaire pour y songer. Aucune option ne doit être écartée. Un récent sondage doit les encourager : l’appui à la cause souverainiste n’a pas diminué, il se situe autour de 43 pour cent. De plus, la vague orange ne traduit pas une dérive de l’électorat vers la gauche ou vers le fédéralisme.

Ce résultat difficile à digérer mettra en branle une vaste réflexion, qui, à l’image de ses militants, sera bruyante et compliquée. Des ténors souverainistes songent à renommer le Bloc le Parti québécois et à garder le même chef pour les deux partis politiques. Pour l’instant, Pierre Paquette a déjà manifesté son intérêt à succéder à Gilles Duceppe, mais c’est un peu rapide. Le Bloc québécois n'est plus reconnu à l'Assemblée nationale, ce qui diminuera les budgets de recherche et les questions.

mercredi 22 septembre 2010

Le registre des armes à feu


J'ai rarement vu un dossier aussi politique que celui de la loi visant à abolir le registre canadien des armes à feu. En effet, tous les partis ont imposé la ligne de parti, sauf le NPD. Les conservateurs sont en faveur de son abolition, contrairement aux libéraux et aux bloquistes. Le vote sera très serré, à deux ou trois députés près. Jack Layton doit lui-même tenter de convaincre ses députés pour sauver le registre.

Même si le coût du registre est faramineux et que sa pertinence est remise en question, ce dossier est très complexe pour les partis, car il touche des types d'électeurs ciblés. D'un côté, les gens des régions sont dérangés par ce registre, qui entraîne de la paprasse supplémentaire pour les armes de chasse. Un véritable fiasco financier, ce programme a coûté plus d'un milliard de dollars, alors que son coût estimé s'élevait à deux millions de dollars au début. De plus, il n'est vraiment pas certain qu'il a réussi à sauver une seule vie, car la plupart des meurtres sont commis avec des armes illégales provenant du crime organisé ou de réserves amérindiennes.

De l'autre côté, le lobby féministe travaille fort pour le maintenir, pour contrer la violence conjugale, selon leurs dires. Mentionnons qu'il a été implanté quelques années après la tuerie de la Polytechnique. L'argument généralement avancé par ceux qui défendent le registre est qu'il est régulièrement consulté par les policiers, qui peuvent ainsi vérifier s'il y a une arme lorsqu'ils interviennent dans une maison.

En réalité, tous les partis ont des avantages et des inconvénients à l'abolition du registre, tant sur le plan politique que sur le plan idéologique.

Les conservateurs sont en majorité contre le registre, en raison des coûts élevés du programme, de l'implantation par les libéraux et de l'électorat de l'ouest et des régions. Cependant, certains députés urbains et centristes sont ambivalents face à cette abolition, en particulier en Ontario et au Québec.

Les libéraux sont généralement en faveur du registre, car ils l'ont implanté eux-mêmes, ils veulent s'attirer l'électorat de centre-gauche du NPD et ils sont généralement urbains. Par contre, un bon pourcentage de députés est contre ce registre, qui coûte cher et qui est plus ou moins efficace.

Les néodémocrates et les bloquistes sont généralement en faveur de son maintien, car ils sont en accord avec le contrôle des armes à feu et ils ont un électorat gauchiste. Par contre, les députés en région font face à beaucoup de grogne.

Il faut dire qu'au Québec, les armes à feu sont déjà contrôlés, ce qui veut dire que ce programme est un doublon. Les partis provinciaux sont donc contents de ne pas avoir à décider de l'avenir du registre, car c'est une patate chaude. Il est très difficile d'être contre la vertu en politique, même si un programme est inutile et coûteux.

samedi 4 septembre 2010

Propagande à l'école : celui qui le dit, celui qui l'est!


Comme ça, selon les bloquistes, les conservateurs font de la propagande à l'école secondaire ? Laissez-moi deviner, ils font de la publicité pour les républicains? Contre l'avortement? Pour la peine de mort? Pour le bouclier antimissile? Pour l'armée? Pour la torture?

Eh! non, c'est bien pire que ça! Les conservateurs ont, tenez-vous bien, fait la promotion aux élèves de deuxième secondaire des parcs nationaux, à l'occasion du 100e anniversaire de Parcs Canada. Et puisque l'éducation est de compétence provinciale, selon la députée du Bloc Carole Lavallée, « c'est de la propagande de la part du gouvernement fédéral et du bureau du premier ministre que d'envoyer une lettre aux écoles en s'adressant aux jeunes comme de futurs leaders du Canada ».

C'est tellement une accusation ridicule que ça ne mérite même pas de réponse. Le gouvernement du Canada fait la promotion de sites historiques du Canada, point à la ligne. Je pense que le Bloc aurait pu facilement trouver d'autre chose pour accuser les conservateurs de propagandistes. C'est à se demander si ces accusations sont un canular.

Pendant ce temps, comme le souligne avec justesse Dimitri Soudas, conseiller de Stephen Harper, à propos du Bloc québécois, " en plus, il se sert de l'argent des contribuables pour aller faire la promotion de la souveraineté aux États-Unis et en Europe. M. Duceppe n'a donc pas de leçon à donner en la matière ». En effet, on se demande vraiment parfois ce que le Bloc fait avec l'argent des contribuables canadiens. Le chef fait la promotion d'une option qui ne dépasse pas tellement 40 % dans les sondages au Québec, mais qui lui donne les deux tiers des sièges en raison de la division du vote fédéraliste. C'est quand même une bonne stratégie que de convaincre les voisins quand on n'est pas capable de convaincre les principaux intéressés d'un concept passéiste qui n'intéresse pas beaucoup les jeunes.

Voici une bonne entrevue sur le sujet.
http://www.radioego.com/ego/listen/5580

jeudi 5 août 2010

Pourquoi pas un peu de politique fédérale?

Comme à chaque rentrée parlementaire depuis la réunification de la droite, des menaces d'élections planent sur le Parlement canadien. Et à moins d'un massacre du Parti libéral de Michael Ignatieff, le gouvernement élu sera encore minoritaire. Et tant que les Québécois voteront à environ 35 % pour le Bloc québécois, ce parti récoltera environ les deux tiers des circonscriptions du Québec, à cause de la division du vote fédéraliste. Et tant que le gouvernement sera minoritaire, il sera paralysé et il ne pourra pas penser à moyen ou à long terme.

Même si les électeurs québécois ne se soucient pas tellement de la politique fédérale, je pense qu'une simple réflexion leur permettrait de voter de façon plus intelligente. Avec le temps, Gilles Duceppe, redoutable politicien, a su adapter son discours. À l'origine formé afin de préparer l'indépendance du Québec, le Bloc québécois est maintenant officiellement un parti qui ne sert qu'à empêcher la majorité de Stephen Harper, dépeint comme un Georges W. Bush du Nord. Le parti ne vise maintenant donc qu'à mettre du sable dans l'engrenage du Parlement canadien, sans toutefois avoir besoin de 50 % des votes plus un comme c'est le cas lors d'un référendum.

Si le Bloc québécois a bel et bien coûté la majorité aux conservateurs lors des dernières élections, je ne pense pas que la force du parti souverainiste est bonne à moyen et à long terme pour la gauche québécoise. Je m'explique : puisque le Bloc québécois divise le vote fédéraliste, cela désavantage aussi le Parti libéral du Canada, parti plus à gauche que le Parti conservateur du Canada. N'oublions pas que les libéraux de Trudeau et de Chrétien ont été majoritaires grâce aux nombreux sièges remportés au Québec. Le Bloc québécois désavantage aussi le NPD, parti encore plus à gauche.

Selon moi, les positions du PLC, du Bloc et du NPD ne sont pas très différentes. À preuve, les nombreux projets de coalition qui font les manchettes depuis quelque temps. Je pense qu'une solide opposition aux conservateurs serait capable de les renverser, mais ce n'est malheureusement pas possible avec la force du Bloc québécois. Les conservateurs dépassent rarement les 40 % dans les intentions de vote, et ils sont concentrés dans l'Ouest du Canada.

À mon avis, le Bloc québécois est devenu un clone du NPD qui ne fait que critiquer le parti au pouvoir, mais qui n'a aucune chance de gouverner. En votant toujours pour ce parti, les Québécois deviennent des gérants d'estrades qui ne profitent pas des avantages de voter pour un parti apte à prendre le pouvoir, ce qui augmente le cynisme. Seule la région de Québec a droit à des promesses intéressantes des libéraux et des conservateurs, car elle n'a pas une clientèle acquise.