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samedi 21 mai 2011

L'avenir du Bloc québécois


À la suite de sa maigre récolte de quatre sièges, le Bloc québécois doit faire un sérieux examen de conscience et songer à son avenir. Heureusement, rien ne presse, il dispose d'un mandat majoritaire pour y songer. Aucune option ne doit être écartée. Un récent sondage doit les encourager : l’appui à la cause souverainiste n’a pas diminué, il se situe autour de 43 pour cent. De plus, la vague orange ne traduit pas une dérive de l’électorat vers la gauche ou vers le fédéralisme.

Ce résultat difficile à digérer mettra en branle une vaste réflexion, qui, à l’image de ses militants, sera bruyante et compliquée. Des ténors souverainistes songent à renommer le Bloc le Parti québécois et à garder le même chef pour les deux partis politiques. Pour l’instant, Pierre Paquette a déjà manifesté son intérêt à succéder à Gilles Duceppe, mais c’est un peu rapide. Le Bloc québécois n'est plus reconnu à l'Assemblée nationale, ce qui diminuera les budgets de recherche et les questions.

jeudi 10 juin 2010

L'échiquier politique du Québec

Les partis politiques occupent un espace idéologique qu'on nomme l'échiquier politique. En Occident, les partis occupent généralement un axe allant de la gauche à la droite. En général, le spectre politique est composé de deux axes, l'axe économique (plus ou moins d'interventionnisme de l'État) et l'axe social (plus ou moins de libertés individuelles, comme l'avortement, l'euthanasie et la peine de mort). Par exemple, le Parti républicain aux États-Unis se situe à droite sur les deux axes, tandis que le Nouveau parti démocratique au Canada se situe à gauche sur les deux axes.

Il est à noter que la droite sociale tend à disparaître dans un certain nombre de sociétés démocratiques et développées. Ce qui la représente est la peine de mort, les restrictions sur l'avortement, la libre circulation des armes à feux, l'omniprésence de la religion, etc. Au Canada, il y a des traces de la droite sociale au sein du Parti conservateur, qui comprend quelques militants pro-vie parmi les députés, tandis qu'au Québec, il n'y a pas vraiment de parti qui l'incarne, du moins ouvertement.

À cause de la situation particulière du Québec au sein du Canada, le principal axe qui a déterminé les débats politiques au Québec depuis les années 70 est la constitution (souveraineté versus fédéralisme). Mais à partir de la fin des années 90, avec l'émergence de l'ADQ et quelques années plus tard de Québec Solidaire, le débat gauche-droite s'est animé. Par exemple, Jean Charest s'est fait élire en promettant une réingénierie de l'État en 2003 et un accès accru à la sous-traitance, des thématiques appartenant typiquement à la droite. Même le PQ, un parti traditionnellement social-démocrate, a connu ce débat il y a quelques années avec les Lucides, groupe formé notamment par les anciens péquistes Lucien Bouchard et Joseph Facal.

Récemment, le PQ a évincé son club politique d'extrême-gauche le SPQ-Libre (Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre). De plus, Pauline Marois a lancé dans son dernier colloque un chantier sur la modernisation de la sociale-démocratie, la création de richesse et l'économie, des thématiques encore une fois relevant de la droite, mais elle a essuyé une rebuffade de ses militants et même de ses députés.

Avec la possible disparition de l'ADQ, le PLQ et le PQ sont donc tentés de "redroitiser" leurs discours, mais le PQ est confronté par la montée de Québec solidaire, vrai parti de gauche, et le PLQ semble plutôt à l'aise dans l'immobilisme et l'inaction. En fait, la droite et la gauche sont divisés au Québec, principalement à cause de l'axe souverainisme-fédéralisme, qui occupe une grande place dans les médias et le débat public.

Résultat : les Québécois auront probablement le choix aux prochaines élections entre le PLQ, un parti aux prises avec des allégations de corruption et un parti qui incarne l'inaction, et entre le PQ, un parti qui doit évoquer régulièrement le spectre d'un référendum pour ne pas perdre sa base militante, et qui incarne le modèle québécois bureaucratique inefficace.

Les forces de l'immobilisme sont donc multiples au Québec : en plus de l'axe souverainisme-fédéralisme qui divise la gauche et la droite, il y a les syndicats, les groupes communautaires et environnementalistes et les corporations comme le patronat et les ordres professionnels. Tous n'ont aucun avantage à une réforme en profondeur de l'État québécois et à une baisse de la taxation, car ils tirent leur avantage de l'appauvrissement de la classe moyenne.

Pendant ce temps, la dette québécoise continue d'augmenter (elle vient tout juste de passer à 220 milliards de dollars, et ça ne comprend pas la part du Québec dans la dette canadienne), le système de santé continue d'être ingérable, il n'y a pas beaucoup de marge de manoeuvre sur le plan fiscal, et il n'y a plus beaucoup d'argent pour la réfection des routes et des bâtiments. Pour se faire élire, un gouvernement doit promettre mer et monde à ses électeurs, en plus de satisfaire sa base militante, donc les dépenses gouvernementales augmentent à un rythme effréné, mais sans une amélioration des services ou de son accessibilité.

Mais les forces de l'immobilisme ne font pas immuables, il s'agit de créer un vecteur de changement puissant qui saura les déloger...

mardi 8 juin 2010

Aperçu de la politique québécoise

Bonjour à tous! Bienvenue dans mon nouveau blogue politique. En guise d'introduction, voici un bref aperçu des principaux partis politiques du Québec, en ordre d'importance à l'Assemblée nationale.

PLQ - 66 députés - Tout d'abord, le parti au pouvoir est le Parti libéral du Québec, dont le chef et premier ministre se nomme Jean Charest. Le parti en est à son troisième mandat de suite, soit le plus grand nombre depuis Maurice Duplessis. Le parti est fédéraliste et de tendance centriste (certains diront centre-droite). Attaqué de toutes parts depuis plus d'un an sur les allégations de collusion et de corruption dans le secteur de la construction et le financement du parti, le PLQ est au plus bas dans les sondages. De nombreuses rumeurs prétendent que le chef s'en ira cet été ou cet automne, juste avant la rentrée parlementaire, mais rien n'est certain. Majoritaire et en début de mandat, le PLQ peut demeurer encore environ trois ans au pouvoir. Son électorat est composé d'immigrants, d'anglophones, de personnes âgées, de gens d'affaires et de fédéralistes.

PQ - 50 députés - Depuis 1976, le Parti québécois alterne généralement aux deux mandats avec le PLQ. Il forme présentement l'opposition officielle. Il est de tendance souverainiste et sociale-démocrate. La chef se nomme Pauline Marois. Le parti est le plus apte à prendre le pouvoir aux prochaines élections, mais la division du vote de gauche et souverainiste pourrait empêcher un gouvernement majoritaire. En effet, Québec solidaire est maintenant officiellement souverainiste, et constitue un vrai parti de gauche. De plus, les purs et durs (ceux qui font de la souveraineté leur priorité) sont parfois tentés par le Parti indépendantiste, parti marginal mais qui peut en attirer plus d'un. En outre, les "nationalistes mous", ou les autonomistes, sont parfois tentés par l'ADQ, d'autant plus s'ils sont de centre ou de droite. L'électorat du PQ est composé de francophones, de souverainistes, de socialistes et de baby-boomers.

ADQ - 4 députés - Un parti relativement jeune, l'ADQ a ravi l'opposition officielle en 2008 avec Mario Dumont comme chef, mais il est maintenant relégué au stade de tiers parti. La course à la chefferie a terminé en queue de poisson, le chef élu Gilles Taillon ne demeurant que trois semaines en poste, et le deuxième de la course, Éric Caire, démissionnant de l'ADQ avec son collègue Marc Picard. Gérard Deltell est maintenant le chef du parti qu'il tentera de le remonter, mais rien n'assure l'avenir du parti. Le député François Bonnardel est de tendance centriste, donc il pourrait être tenté de rejoindre sa petite amie Nathalie Normandeau au PLQ, tandis que Janvier Grondin prendra sa retraite à la fin du mandat. Seuls Sylvie Roy et Gérard Deltell constituent l'avenir du parti par mies députés actuels. De plus, les rumeurs de formation d'un parti de centre-droite s'intensifient depuis quelque temps, avec Éric Caire, Marc Picard et RIchard Merlini en tête, tous des gens associés à l'aile droite de l'ADQ. L'aide gauche du parti, associée à Gilles Taillon, est tentée par le PLQ, comme l'ex député et ex directeur général de l'ADQ Simon-Pierre Diamond. L'électorat est composé de la génération X de tendance droitiste, de gens de la grande région de Québec, d'autonomistes de droite et de banlieusards.

QS - 1 député - Il a beau être le seul député de Québec solidaire à l'Assemblée nationale, Amir Khadir se fait remarquer. Il laisse rarement les gens indifférents par ses propos, qui sont cohérents avec l'idéologie du parti campé à gauche. Depuis son élection, le parti est en forte progression, en particulier sur l'Île de Montréal, et il pourrait causer des surprises au prochain scrutin. Françoise David, une militante féministe et gauchiste, est l'autre porte-parole du parti, qui a choisi de ne pas nommer de chef officiellement. L'électorat est composé de féministes, de socialistes, de souverainistes ou d'autonomistes, d'environnementalistes et d'altermondialistes.

Indépendants - 3 députés - Éric Caire et Marc Picard sont d'anciens adéquistes qui ont quitté le parti de Gilles Taillon. Ils ne semblent pas intéressés à réintégrer le parti de Gérard Deltell. Des rumeurs persistantes les envoient dans un nouveau parti de centre-droit qui serait créé cet automne, mais aucun nom de parti n'a été réservé auprès du Directeur général des élections du Québec. Quant à Tony Tomassi, ancien député libéral, il siège à titre d'indépendant, évincé par son parti dans la foulée de l'affaire BCIA et des garderies liées au financement du parti.

En résumé, il y a beaucoup de tractations dans l'air, mais le nombre élevé de partis politiques et la division des votes n'assurent pas un gouvernement majoritaire aux prochaines élections, malgré la possible débâcle du Parti libéral. Mais comme on dit souvent en politique, six mois, c'est une éternité!