mardi 16 novembre 2010

Pétition réclamant la démission de Jean Charest


Personnellement, je ne la signerai pas, car je n'aime pas l'amalgame des raisons évoquées pour demander sa démission, mais je mets tout de même en ligne l'adresse de la pétition parrainée (pour utiliser des termes de circonstance!) par Amir Khadir. Libre à vous de la signer ou non. Il est à noter qu'à 1h56 dans la nuit du lundi au mardi, un total de 45 998 personnes avaient signé le formulaire sur le site de l'Assemblée nationale, en route pour fracasser le record de tous les temps!

Pendant ce temps, Jean Charest met en demeure Gérard Deltell, chef de l'ADQ, pour avoir fait un succulent jeu de mot sur la "famille" libérale. Oui, vous avez bien entendu, ce même Jean Charest qui a traité Stéphane Bédard de "tête de slinky", Mario Dumont de "girouette" et Elsie Lefebvre de "criss de chienne" à l'Assemblée nationale.

Cliquer ici.

dimanche 7 novembre 2010

Le coquelicot


Depuis quelques jours, des coquelicots blancs sont distribués par des groupes pacifistes, un peu partout au Canada. Selon leurs dires, ils visent à faire la promotion de la résolution de conflits de façon pacifique, et ils sont complémentaires aux coquelicots rouges distribués pour le Jour du Souvenir.

Mais la Légion royale canadienne ne l'entend pas de la même façon. Elle est indignée par cette initiative, et elle demande l'arrêt de sa distribution. Rappelons qu'il appartient à la Légion de s'occuper de la campagne de distribution du coquelicot, qui est traditionnellement rouge, pour honorer la mémoire des combattants fauchés prématurément par la vie.

Il est tout à fait normal de militer pour la paix et la non violence, mais je trouve que cette idée rate sa cible. L'utilisation d'un coquelicot blanc identique au traditionnel peut facilement être interprété comme un manque de respect envers les victimes des guerres. Le coquelicot est un symbole très fort de la démocratie occidentale, mais surtout de commémoration de la fin de la Première guerre mondiale, le 11 novembre 1918, qu'on nomme l'Armistice.

Selon moi, le coquelicot rouge ne fait pas du tout l'apologie de la guerre, au contraire. Donc je ne comprends pas le but de mener une campagne de distribution d'un équivalent pour la paix. Je ne vois franchement pas de lien entre la mission en Afghanistan et le Jour du Souvenir. Je crois qu'il est très possible de militer contre cette guerre, même contre le recrutement militaire dans les écoles, tout en respectant les soldats qui choisissent cette profession, qu'ils soit vivants ou décédés.

mardi 2 novembre 2010

Le leadership de Pauline Marois


C'est plate à dire, mais le leadership de Pauline Marois tient à un fil. Même si je ne suis pas péquiste ou souverainiste, je ne fais pas partie de ses détracteurs. Bien sûr, il est facile de rire de son côté "gauche caviar" et de son air "matante", mais c'est quand même de loin la plus expérimentée de la grande famille souverainiste. Elle a presque occupé tous les portefeuilles de ministères. Évidemment, on a toujours les défauts de nos qualités et les qualités de nos défauts, donc elle n'incarne pas la nouvelle génération, et il est facile de lui reprocher des choses à l'Assemblée nationale car elle a connu le pouvoir.

Selon moi, il n'y a pas vraiment de prétendant sérieux à la direction apte à remplacer Pauline Marois. Commençons par l'interne. Les noms de Pierre Curzi et de Bernard Drainville sont ceux qui circulent le plus. D'ailleurs, leurs interventions hystériques en matière respectivement de langue et d'affaires intergouvernementales trahissent leurs ambitions. S'ils ont un certain charisme et qu'ils sont connus de la population en raison de leur passé à la télévision, ils n'ont aucune expérience de gouvernement.

Sinon, à l'extérieur du Parti québécois, les noms qui circulent sont ceux de Gilles Duceppe, François Legault et Bernard Landry. Si ce dernier tient presque de la politique-fiction, les deux premiers sont plausibles. Le mouvement que veut lancer François Legault a du plomb dans l'aile car il peine à convaincre des fédéralistes de s'y joindre. Peut-être ne cherche-il qu'à mettre de la pression sur Pauline Marois, qui est prise entre l'écorce et l'arbre. En effet, elle est condamnée à promettre la souveraineté pour garder la ferveur de ses militants, mais elle doit aussi convaincre la population qu'elle ferait une bonne première femme première ministre. Elle doit aussi satisfaire les gauchistes de son parti pour ne pas les perdre à la faveur de Québec solidaire, tout en ne brimant pas trop les centristes et les droitistes qui pourraient être tentés par le nouveau parti de François Legault ou même par l'ADQ.

Gilles Duceppe a clairement des ambitions à la direction, s'y étant déjà présenté pendant 24 heures, mais il ne peut pas vraiment laisser le Bloc québécois dans un contexte de gouvernement minoritaire. Jacques Parizeau et de jeunes militants souverainistes préfèrent son plan d'accession à la souveraineté à celui de Pauline Marois, il va sans dire, mais il est vu trop à gauche par certains (il a un passé de marxiste-léniniste et de chef syndical) et sans aucune expérience de gouvernance.

Donc à moins d'un retour en politique de Jacques Parizeau ou de la résurrection de René Lévesque, Pauline Marois n'est pas menacée à court terme. Son leadership ne sera pas contesté ouvertement avant le prochain conseil national, qui aura lieu en avril, mais elle ne réussira assurément pas à obtenir un vote de confiance fort d'au moins 85 %, même si Jean Charest atteint une cote de popularité abyssale. N'oublions pas que Lucien Bouchard et Bernard Landry ont eu les deux 76 % à des moments où tout allait bien.

À mon avis, peu de choix s'offrent à Pauline Marois. Si elle continue à se tenir tranquille, elle ne dépassera pas les résultats de ses prédécesseurs. Elle doit plutôt prendre des risques, voire défier les dissidents purs et durs et les anciens militants du SPQ-Libre. Au moins, si elle n'obtient pas un bon résultat, elle pourra mettre de l'avant cet acte de courage, et qui sait, le transformer en de l'énergie menant à la souveraineté du Québec...

mardi 26 octobre 2010

Les élections municipales en Ontario


Eh! non, je ne vous parlerai pas de l'accouchement de Céline Dion, malheureusement, mais plutôt du résultat des élections municipales en Ontario. Comme au Québec, les élections en Ontario ont maintenant lieu dans toutes les municipalités en même temps, et à date fixe.

Mise à part l'élection d'une mairesse de 89 ans à Mississauga pour un 12e mandat, Hazel McCallion, deux villes sont d'un certain intérêt pour le Québec.

En premier lieu, le maire sortant d'Ottawa Larry O'Brien n'a pas été réélu, terminant avec seulement 29 % du suffrage. Son procès largement médiatisé, ses projets inachevés de même que son refus de participer à des débats en français ont diminué ses chances de gagner. Jim Watson, ancien maire et ancien ministre du cabinet McGuinty, retourne ainsi à ses premières amours politiques avec 49 % des intentions de vote. Clive Doucet, ancien conseiller municipal, termine troisième avec 15 % des votes. Fait à noter, les électeurs devaient choisir entre 20 candidats différents à la mairie.

Le scrutin a été plus serré à Toronto. L'ancien conseiller municipal Rob Ford a été élu avec 47 % des votes, devant son plus proche adversaire, George Smitherman, lui aussi ancien ministre du gouvernement McGuinty, qui a récolté 35 % du suffrage. Les deux candidats faisaient place dans leur discours à une gestion rigoureuse des finances publiques, après deux mandats de David Miller.

Le vote électronique a été utilisé dans certaines villes, dont Hawkesbury, et il n'y a pas eu de problème majeur.

vendredi 15 octobre 2010

Force Québec, Liberté Québec et ADQ


En cette semaine de relâche à l'Assemblée nationale, j'ai choisi de vous parler des rumeurs entourant le mouvement politique de François Legault et de Joseph Facal, anciens ministres péquistes. En réalité, le projet Force Québec (dont le nom est temporaire) n'est qu'un embryon. Tout ce qu'on sait, c'est que cette sorte de coalition serait de centre-droit et mettrait en veilleuse la souveraineté, option qui fait du surplace dans les sondages depuis le référendum de 1995. Les positions sur le privé en santé, la langue, la culture, l'éducation, les finances publiques et la sécurité publique ne seraient pas encore établis, c'est donc dire qu'il reste encore du travail à faire.

Une rencontre aurait eu lieu entre François Legault et une vingtaine de personnalités des milieux de l'éducation, de la culture, de la politique et des affaires, mais rien de plus. Il s'avère qu'une de ces personnes approchées a décidé de parler à un journaliste, ce qui a mis le feu aux poudres. Les journalistes et chroniqueurs sont partis en peur, certains commençant même à former le très hypothétique Conseil des ministres. Un sondage révèle même que ce "parti" serait en tête dans les intentions de vote, et qu'il désavantagerait surtout le PQ et l'ADQ. Évidemment, cette nouvelle met dans l'embarras Pauline Marois, qui voit deux anciens ministres mettre de côté la raison d'être du parti qu'elle dirige. Jean Charest s'en sort assez bien, même si le mouvement politique touche certains libéraux et anciens libéraux, dont Philippe Couillard.

À mon avis, l'enflure médiatique de cette rencontre s'explique par le vide politique actuel au Québec. D'un côté, le taux d'insatisfaction envers le Parti libéral atteint des sommets inégalés, et il sera encore au pouvoir pendant deux ou trois ans, et de l'autre, le Parti québécois est pris entre l'arbre et l'écorce en parlant de souveraineté tout en sachant que son option ne passera pas. Pauline Marois a bien tenté d'adopter un discours un peu plus à droite lors du dernier congrès, mais il n'a pas passé auprès des militants, généralement proches des syndicats et des groupes sociaux. Cet été, elle a effectué des modifications à son équipe en donnant plus de place à ses députés associés à la gauche et au SPQ-Libre. Son leadership n'est pas encore ouvertement contesté, mais il pourrait l'être avant les prochaines élections.

Quant à l'ADQ, l'espace qu'elle devrait normalement occuper ne lui revient pas. Le parti tente tout simplement de survivre et de recruter des militants, sans prendre de grandes positions controversées. Le chef Gérard Deltell n'est pas tellement connu à travers le Québec. Québec solidaire, pour sa part, tire bien son épingle du jeu avec un seul député, le seul et unique Amir Khadir, mais sa popularité se limite à l'Île de Montréal.

Parallèlement à Force Québec, le Réseau liberté Québec tient une première rencontre le 23 octobre. À la surprise générale, l'événement affiche complet, il a même fallu ajouter des activités. Gérard Deltell, Maxime Bernier et d'anciens politiciens de l'ADQ mais aussi du PQ y participeront. Même si le but du mouvement citoyen n'est pas de créer un parti politique, il pourrait éventuellement jeter les bases d'un nouveau parti politique, ou à tout le moins l'influencer. Rappelons-nous que le Parti québécois a été fondé à la suite du Mouvement souveraineté-association, et que l'ADQ provient du groupe Réflexion Québec.

Toute cette effervescence montre que le discours à droite du centre n'est pas incarné à l'Assemblée nationale, mais qu'il y a un marché pour cette idéologie. Que nous réserve l'avenir?

dimanche 10 octobre 2010

La déviance du mouvement féministe


Si vous n'avez pas pris connaissance de la publicité anti-guerre de la Fédération des femmes du Québec, faites-le ici.

En gros, la publicité dénonce le recrutement militaire dans les écoles et la mission du Canada en Afghanistan. Bien que ces sujets abordés soient légitimes, la publicité rate complètement son but en nous montrant une mère de soldats qui n'approuve pas la vocation de ses enfants. La Fédération a même dû retirer une partie de la publicité, dans laquelle la mère disait quelque chose comme ça : "Avoir su que mon fils serait de la chair à canons, je ne l'aurais peut-être pas eu." Ainsi, en voulant attirer l'attention sur la réalité difficile des mères de militaires, la publicité a plutôt attiré des plaintes de ces personnes, qui ont vu dans cette publicité un message offensant et blessant.

Même si la Fédération a fait volte-face en coupant un bout de la publicité, l'impression des gens sur le message demeure inchangé. Car au-delà des débats sur la pertinence de la guerre en Afghanistan et du recrutement militaire dans les écoles, je crois que malheureusement, le féminisme s'éloigne de plus en plus des préoccupations réelles des jeunes femmes. À preuve, combien de fois ai-je rencontré des femmes ayant un discours féministe, mais qui se défendaient de faire partie du groupe ?

Un peu comme le syndicalisme, le mouvement féministe a totalement raté son coup en gardant des préoccupations de la génération des baby-boomers et en élargissant le débat sur des sujets qui n'ont aucun lien avec l'égalité homme-femme. Si de nombreuses préoccupations soulevées par les groupes féministes sont d'intérêt public, comme l'équité salariale, la violence faite aux femmes et la pauvreté des femmes autochtones, d'autres n'ont pas vraiment de lien avec le féminisme, comme le pacifisme, l'environnement et la violence dans les sports.

Lorsqu'on a demandé à Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec, le lien entre la guerre et le féminisme, voici les arguments qu'elle avait : la hausse de la violence contre les femmes lorsqu'il y a des guerres et la hausse de la prostitution près des bases militaires. Ouin! Ce n'est pas très convaincant comme réponse. On sait très bien que la mission canadienne en Afghanistan ne vise pas à augmenter la violence contre les femmes, au contraire.

Malheureusement, même si le féminisme était nécessaire dans le temps des nos mères, j'estime que le mouvement féministe flirte de plus en plus avec le lobby de gauche, probablement pour masquer son manque de pertinence et pour aller chercher des subventions de syndicats et d'autres groupes communautaires. D'où la déviance du mouvement féministe.

mardi 5 octobre 2010

La marche bleue du Carnaval


Samedi, lors de la Marche bleue, une pancarte a bien fait rire les gens. Elle dressait un parallèle entre la controverse de l'article du magazine "Maclean's" sur la corruption au Québec et le retour possible d'une équipe de hockey à Québec. La méthode utilisée était fort simple, mais ô combien éloquente. De la page couverture de la revue, le mot "corrupt" était barré et changé pour "hockey", ce qui donnait le titre "The most hockey province in Canada".

Le jeu de mot représente bien ce que je pense de la ferveur du hockey dans la belle province. La Marche bleue a prouvé à l'Amérique du Nord et au reste du Canada que le hockey occupait une place de choix dans le coeur des gens de Québec. Même si cette marche de plus de 60 000 personnes ne signifie pas nécessairement le retour automatique des Nordiques, elle permet de mettre de la pression sur les politiciens et sur les gens d'affaires, qui tardent à se manifester dans le financement de l'amphithéâtre. Car c'est tout ce qu'il manque au projet. Le maire Labeaume aura beau déchirer sa chemise devant les caméras ou commencer à creuser les fondations avec sa propre pelle, il faut une participation du privé, sinon les Conservateurs ne pourront pas justifier la dépense au reste du Canada.

Les gens d'affaires doivent donc prendre les devants. Je suis persuadé que la Chambre de commerce de Québec y travaille. Mais au lieu de se plaindre de l'article des méchants anglais sur la corruption au Québec et l'utilisation du Bonhomme Carnaval pour illustrer la thèse, l'Office du tourisme doit elle aussi se mettre à la recherche de financement du privé. Le projet J'ai ma place de Mario Bédard a déjà permis d'amasser plus de 12 millions de dollars, c'est un bon début, mais il en faut plus. Il faut se dire que si Quebecor était prête à mettre entre 500 millions et 600 millions de dollars pour acheter les Canadiens de Montréal, elle devrait être capable d'assumer une partie du coût du Colisée, car l'équipe qu'elle désire acheter coûte autour de 200 millions de dollars. Il faut juste retourner les projecteurs sur PKP et lui mettre de la pression.

Il faut à tout prix profiter de l'effervescence de la ville de Québec pour ramener les Nordiques. Mais pas à n'importe prix! L'état pitoyable des finances publiques doit être pris en compte.

Go Nordiques, go!